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mercredi 30 mai 2007

jeux et stratégie

Vous l’avez sans doute remarqué, j’aime bien les vieux papiers.
Parfois il suffit de chercher à proximité pour trouver un superbe filon.

Ainsi, à son appel, je me suis rendu chez ma mère qui souhaitait se débarrasser de cartons encombrant sa cave et j’y ai retrouvé pleins de différentes revues … revues de jeux et revues d’échecs forcément, dont j’avais complètement oublié que j’étais l’heureux propriétaire.

Vieilles revues ?
Tout est relatif, car elles datent du début des années 80 au début des années 90.
Cela ne fait que…Bon ok, elles ne sont pas récentes…
Pêle-mêle, j’ai retrouvé toute ma collection de « jeux et stratégie », la collection complète de la défunte « revue des échecs » et un grand nombre de « New-In-Chess » (en anglais forcément).

Quelle surprise de feuilleter « La revue des échecs », et d’y retrouver des photos de personnes bien connues actuellement dans le monde des échecs (Français principalement).
Sans difficulté vous devriez reconnaître la personne se trouvant sur la photo ci-contre !
Dans chaque numéro de « la revue des échecs » se trouvent des dessins de l’excellent Pierre Bretagnolle.

Comme pour le Palamède, dont je vous ai déjà parlé (mais ce n’est pas terminé !), je vous donnerez de temps en temps des extraits de ces revues.



Un petit exercice pour terminer l’article du jour ;
L’image ci-contre est la couverture du « Jeu et Stratégie » N°28 de août / septembre 1984 (c’était une revue bimestrielle, tous les deux mois donc).
Il s’agit d’une petite énigme dont le texte est « il y a un personnage de trop dans cette scène, lequel ? ».
Bien sûr cela a un rapport direct avec le jeu d’échecs. A partir de là vous devriez trouver la réponse !

samedi 21 avril 2007

Napoléon joueur d'échecs ?!

Aujourd'hui, je vous présente un texte paru en 1836 dans le Palamède.
Il est signé d'un "M." et j'imagine qu'il s'agit de F.J.Méry un des fondateurs de la revue.

En cherchant un peu sur internet ce qui avait déjà été publié sur le thème "Napoléon joueur d'échecs" je suis tombé sur le site MJAE, que je vous invite vivement à découvrir, à l'adresse suivante http://www.mjae.com/ et en particulier dans la rubrique "culture" vous y trouverez deux articles sur le sujet, ici http://www.mjae.com/napoleon.html et là http://www.mjae.com/napoleon-3-parties.html

Après l'article du Palamède vous trouverez également une partie apocryphe de Napoléon, joué contre le fameux automate Turc joueur d'échecs (sur lequel il y a beaucoup à dire !)

NAPOLÉON, AMATEUR D'ÉCHECS.
L'empereur Napoléon se délassait au jeu d'échecs des gran­des parties qu'il jouait sur l'échiquier de Marengo, d'Austerlitz, de la Moskowa. Ce passe-temps a été commun à tous les grands capitaines. La haute intelligence de l'art de la guerre ne sup­pose pas toujours au même degré la science des échecs; Napo­léon le remarquait lui-même, un jour qu'il venait d'être battu par Berthier.
M. le général comte Merlin, M. le duc de Bassano, M. Amédée Jaubert ont eu la bonté de nous communiquer verbalement quelques particularités inédites sur l'empereur ; elles rentrent dans le domaine de cette revue, et nous nous faisons un plaisir de les publier.
En Egypte, Napoléon jouait aux échecs avec M. Poussielgue, ordonnateur de l'armée d'Orient, ou avec M. Amédée Jaubert. M, Poussielgue était d'une force supérieure, et il battait quel­quefois le vainqueur des Pyramides. Pendant la campagne de Pologne, l'ambassadeur persan fut introduit devant l'empereur ; une partie d'échecs était engagée avec Berthier. Napoléon ne se dérangea point et donna audience; M. Amédée Jaubert servait d'interprète. Tout eu poussant ses pièces, l'empereur fit beau­coup de questions à l'ambassadeur sur la Perse, sur l'Orient, sur l'organisation militaire et civile de ces pays. Le Persan, habile diplomate, vantait la Perse et ne tarissait pas d'éloges emphatiques sur la cavalerie d'Ispahan. Napoléon l'interrompait quelquefois, mais l'ambassadeur revenait encore à la charge avec sa cavalerie persanne, qu'il mettait au-dessus de toutes les cavaleries de l'univers. L'empereur se détourna en sursaut de l'échiquier, et s'adressant à M. Amédée Jaubert : « Dites-lui que demain je lui montrerai un peu de cavalerie. » L'audience finit là. Tout en continuant sa partie, Napoléon donna des or­dres pour rallier autour de son quartier-général les corps dis­séminés dans les cantonnements voisins. Il les avait sous la main, comme les cavaliers de son jeu, et le lendemain l'ambassadeur vit défiler quarante mille hommes à cheval, comme il n'en avait jamais vu à Ispahan, cavalerie puissante que Paris ne devait plus revoir : elle allait à Moscou !
Dans la même campagne, l'empereur jouait aux échecs avec Murat, Bourrienne, Berthier et M. le duc de Bassano. Il aimait quelquefois à donner une variante à son délassement ordinaire avec un échiquier de liège, chargé de pièces qui n'appartien­nent pas aux soixante-quatre cases : c'était le jeu de la guerre ; on y voyait figurer des bataillons, des escadrons, des redoutes , des pontons, des rivières, des pièces de canon. Ce singulier jeu a été inventé en Allemagne, par quelque ingénieur oisif, et il y jouit encore de beaucoup de faveur.
Le duc de Bassano a souvent joué avec l'empereur, en 1809, pendant l'armistice de Vienne. L'empereur ne commençait pas adroitement une partie d'échecs ; dès le début, nous dit M. de Bassano, il perdait souvent pièces et pions, désavantage dont n'osaient profiter ses adversaires. Ce n'était qu'au milieu de la par­tie que la bonne inspiration arrivait ; la mêlée des pièces illumi­nait son intelligence ; il voyait au-delà de trois ou quatre coups ; il mettait en œuvre de belles et savantes combinaisons.
Le roi de Naples, Joachim Murat, avait une véritable pas­sion pour les échecs ; il a souvent forcé M. le duc de Bassano de veiller sur l'échiquier une bonne partie de la nuit.
Napoléon a charmé avec ce jeu les ennuis de sa longue traversée à bord du Northumberland. A Sainte-Hélène, il faisait chaque jour ses parties. Si le jeu des échecs n'était pas déjà de haute noblesse, il se serait ennobli pour avoir donné quelques moments d'heureuse distraction au plus grand des prisonniers et des exilés.
M.

jeudi 5 avril 2007

Le Palamède

Par Jean-Olivier

Il y a quelques jours je vous ai parlé de mon petit périple à la Bibliothèque Nationale de France (BNF). Voici le texte d'introduction du Palamède, la plus ancienne revue d'échecs du Monde.
Ce texte est sur la première page du 1er numéro qui date de 1836.


J'ai ajouté dans le texte deux portraits. Tout d'abord celui de la Bourdonnais descendant d'un célèbre navigateur. Il est à noter que ce dessin est l'unique portrait connu de ce joueur d'échecs, probablement le meilleur du Monde à cette époque. De plus ce portrait a été dessiné lors de la mort de Louis-Charles Mahé de la Bourdonnais pour reprendre son nom exact.
J'ai trouvé ici une brève présentation http://groups.msn.com/p2rfg/delabourdonnais.msnw Notez que le dessin sur le site en lien est une copie du dessin original. Désolé mais je n'en ai pas trouvé une meilleur définition.
Le deuxième portrait est celui du cofondateur de la revue, François Joseph Méry, dont une petite présentation se trouve sur Wikipedia http://fr.wikipedia.org/wiki/Joseph_M%C3%A9ry

"A une époque où toute chose se résume en journal, le jour­nal que nous annonçons n'étonnera personne. Le Palamède vient, à son tour, remplir une lacune et répondre à un besoin : cette formule, empruntée à tous les prospectus, a cette fois un sens plus vrai que de coutume : le Journal des Echecs était at­tendu. Ce jeu rentre plutôt dans l'académie des sciences que dans l'académie des jeux ; c'est le seul où l'intelligence de l'homme neutralise le hasard. La bonne ou la mauvaise fortune est exilée de l'échiquier. Un grand joueur d'échecs est un artiste, un savant, un ingénieur, un général, un conquérant; c'est Vauban ou Napoléon sur un champ de bataille de soixante-quatre cases, lesquelles représentent autant de lieues carrées, et demandent autant de vivacité, de coup d'œil et de profondeur méditative qu'on en exige d'un homme de guerre ; seulement un général d'échecs retire beaucoup de gloire d'une campagne et ne fait point verser de sang. Le Journal des Échecs est frère naturel du Journal militaire, rédigé par le brave général Haxo, également habile à dresser une batterie sur l'échiquier et sur un glacis.
Le jeu des échecs a repris depuis quelque temps son antique vogue. Nous jouissons d'une longue paix, il nous faut des simu­lacres de guerre. On veut être guerrier à tout prix dans un pays belliqueux. A Paris, le club des Panoramas s'est ouvert pour rivaliser avec les établissements du même genre connus en Europe. Les batailles qui se livrent chaque jour à Westminster, à Vienne et sur le boulevard Montmartre, n'ont point d'historio­graphes ; les grands faits d armes de l’échiquier européen, res­tent ensevelis dans l'ombre , faute de bulletins : le journal que nous annonçons enregistrera les victoires et les défaites; il ren­dra compte de l'état actuel du noble jeu chez les diverses na­tions; il renfermera des notices biographiques sur les hautes célébrités, des anecdotes de clubs, des états comparatifs des mé­thodes usitées en Orient et en Occident ; ce journal sera le re­cueil des bulletins de la grande armée de l'échiquier. Toutefois, pour donner encore à notre feuille un intérêt plus vaste, nous ajouterons à sa spécialité fondamentale un supplément destiné à quelques autres jeux, comme le billard et le wist; jeux où l'a­dresse et le calcul enlèvent aussi au hasard la plus grande part de sa puissance. Nous flétrirons ces repaires, où le jeu perd toute moralité, où le guet-apens remplace l'intelligence, l'a­dresse et les savantes combinaisons,
A l’intérêt qui résulte toujours des faits contemporains, vien­dra se joindre la revue rétrospective des âges anciens et mo­dernes. Ainsi, nous parlerons de ces curieuses recherches faites par les orientalistes sur l'origine du jeu des échecs. La tradition attribue au Grec Palamède l'invention du jeu. Ce Grec aurait, dit-on, découvert l'échiquier sur le sable du Simoïs, au siège de Troie. La chose est naturelle et vraisemblable : il ne fallait rien moins qu'un pareil jeu pour distraire les Grecs devant cet Ilium qu'on assiégeait toujours et qu'on ne prenait jamais. En dix an­nées de blocus, on a le temps d'inventer un jeu. Agamemnon et Clytemnestre, le roi des rois et la reine des reines, les tours des portes Scées, le cheval de bois, et tous ces fous qui se battaient pour l’honneur d'une femme déshonorée, voilà des éléments qu'on peut, avec quelque raison, admettre comme ayant pré­disposé le Grec Palamède à la création des pièces de l'échiquier. Toutefois, plusieurs savants se sont inscrits en faux contre Palamède; et de là sont venues de sérieuses controverses pleines d'attrait, des luttes d'érudition, où l'Asie et l'Europe sont en cause, tant est universel l'intérêt qui s'attache au noble jeu.
Nous exhumerons de l'oubli les mémorables parties que Philidor a jouées avec Stamma d'Alep, et celles qu'il a jouées le dos tourné à l'échiquier. Nous donnerons une glorieuse publicité aux luttes engagées par notre célèbre Deschapelles contre le re­doutable Anglais Lewis, par M. Cochrane contre un bramine, par M. de la Bourdonnais
contre Mac-Donel.
Quelques livraisons renfermeront un chant épique en vers sur la plus intéressante partie du mois. Ce chant sera conçu dans les mêmes proportions que le poème de M. Méry.
Pour exercer l'intelligence des joueurs d'échecs, chaque li­vraison donnera des problèmes à résoudre : ce seront toujours des positions curieuses et des mats de plusieurs coups; la solu­tion en sera renvoyée au numéro suivant.
Le Palamède paraîtra le 15 de chaque mois, en livraisons conformes à ce numéro-prospectus. Le prix de souscription est fixé à 20 francs pour un an, 10 francs pour six mois, pour Paris et les départements ; 5 francs en sus pour l'étranger. S'adresser, franc de port, au bureau du Palamède, rue Vivienne, n°48, au club des Panoramas.
MM. de la Bourdonnais et Méry sont les rédacteurs du Pala­mède. M. de la Bourdonnais signe le Palamède comme gérant responsable ; on devine bien que cette fois la responsabilité change de nature ; elle ne répond de ses délits et de ses erreurs qu'au ministère public de l'échiquier européen."

mardi 3 avril 2007

A la Bibliothèque Nationale de France

Par Jean-Olivier

Il y a de cela deux ou trois ans, je me suis rendu à la Bibliothèque Nationale de France "François Mitterand" à Paris pour y consulter des livres anciens sur le jeu d'échecs. Ceci par simple curiosité et sans trop d'idée sur ce que je pouvais y découvrir.
J'ai ainsi pu consulter librement quelques documents, desquels j'ai extrait plusieurs textes que je vous ferai découvrir. Ils sont libres de droit, ça tombe bien !

Parmi ces documents, j'ai ainsi eu entre les mains l'avis expropriation du fameux café de la Régence à l'occasion des travaux du baron Haussmann vers 1850. On y relève des informations assez étonnantes (je garde le suspens !). J'ai également eu accès à la première revue sur le jeu d'échecs; Le Palamède dont le premier numéro date de 1836. La notation des parties ainsi que les commentaires sont assez déroutants ! On y découvre notamment un échange de courriers entre Paris et Londres sur les modalités d'un match d'échecs à mettre en place. N'oublions pas que nous sommes alors à une quinzaine d'année de la mort de Napoléon 1er et que les rivalités entre les deux pays existent toujours.


Avant de mettre en ligne quelques textes (dans quelques jours , semaines...), je vous invite à consulter deux sites liés à la Bibliothèque Nationale de France ;
Tout d'abord l'excellent article sur les échecs http://classes.bnf.fr/echecs/
Ensuite, la BNF met également en ligne quantité de livres et de revues dans tous les domaines.
Pour le moment ce qui concerne le jeu d'échecs est assez pauvre.
Mais ce n'est qu'une question de temps avant de trouver en ligne des ouvrages d'intérêt historique pour le jeu d'échecs.
Bref voici le lien avec Gallica http://gallica.bnf.fr/ puis cliquez sur "recherche" et dans la catégorie "sujet" vous renseignez "echecs".



Un livre au format "pdf" mérite votre attention; il s'agit de "Psychologie des grands calculateurs et joueurs d'échecs" par Alfred Binet 1894 (photo).
Lien direct avec le document http://gallica.bnf.fr/document?O=N077102
 
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